L’épuration

De cette photo qui est dans nos archives, nous ne savons rien. Il n’y a pas de légende. Nous ne savons pas où elle a été prise, ni qui figure sur la photo. Elle a probablement été saisie sur un prisonnier allemand. Symbole des femmes françaises pour les uns, de la compromission pour les autres, et antichambre de l’épuration qui sévit après la libération. Mais pas à Vabre puisque l’armée allemande n’y a jamais séjourné.

Personnages inconnus, lieu inconnu

Maquis de la Malquière, décembre 1943

Roger Cahen, François Lévy, Jean Hirch, Roger Bloch, Henri Glowinsky, Georges Hirch, Daniel Kouklia
  • Roger Cahen, né en 1919 à Dijon, Croix de guerre 1939.
  • François Lévy, né en 1921, école Polytechnique, puis École des ponts et chaussées en 1945, et carrière dans l’électrification des chemins de fer. Décédé en 2010.
  • Jean Hirch, né en 1922 à Paris.
  • Roger Bloch, né en 1925 à Paris, étudiant.
  • Henri Glovinsky, né en 1925 en Pologne, tailleur.
  • Georges Hirch, né en 1923 à Paris.
  • Daniel Kouklia, né en 1924 à Paris, fourreur.

Le 21 juillet 1945 à 20 heures…

… l’Amicale fera son 1er dîner AUX ARMÉES, à MARKELFINGEN.

C’est ainsi que sur papier pelure, les présents à ce diner sur les bords du Lac de Constance en Allemagne, qu’ils avaient rejoint pour libérer la France au sein de la 1ère Armée, ont signé. La raison d’une double signature nous échappe aujourd’hui.

On ne peut pas tous les nommer, mais mentionnons :

  • Jean-Paul Badr,
  • André Bonnafous (alias Fernand),
  • Adrien Gaensburger,
  • Henri Glovinsky (alias Glou-Glou)
  • Pierre Hoeffner (alias Honcourt),
  • Jean-Louis Lévy (alias Lacoste),
  • Jérôme Lindon,
  • Gabriel Nahas (alias Gaby),
  • Rémi Nathan,
  • Francis Pluntz (alias Bob),
  • Roger Portes (alias Popoff),
  • Guy de Rouville (alias Pol Roux),
  • Marc Schoenenberger (alias Colibri),

Si tous nous ont quitté, l’Amicale, qui leur a survécu, s’attache à maintenir et alimenter encore la mémoire qu’ils nous ont légué, par leurs témoignages et un inlassable travail de mémoire mené par Marc Schoenenberger, Guy de Rouville et son épouse Odile.

Guy & Odile de Rouville

Vabre, 2016, photo © Michael Daks

Michael Daks a initié une série sur les centenaires. Guy de Rouville / Pol Roux a alors 101 ans, son épouse Odile 98 ans. Photographiés ici sur leur terrasse à Vabre en juillet 2016. Celle-là même que les allemands recherchaient (sans succès) comme repère du chef des terroristes, et par laquelle est arrivé incognito (avant d’être reconnu par sa cousine et son époux, au mariage duquel il avait été témoin) en 1944, le DMR de la Région 4, Bernard Schlumberger.

6 mois plus tard, ils étaient décédés, tous les deux, à 15 jours d’intervalles…

Sur le mur d’enceinte…

… de l’ancien hôtel Biau à Vabre, il y a cette plaque

Plaque à l’Hôtel Biau, inaugurée le 7 juin 1999

qui dit :

« L’hôtel Biau a accueilli dès le 6 juin 1944 au mépris du danger, le bureau de recrutement du Maquis de Vabre jusqu’à fin juillet et a logé plusieurs des chefs de la Résistance dont : le Général Revers/Thénard, Rebattet/Cheval, Jamme/Castor venus rencontrer le D.M.R. Schlumberger/Droite à son P.C. de Bourion. »

Le général Revers, dit « Thénard », était le chef national de l’O.R.A. Georges Louis Rebattet, dit « Cheval », était à cette époque chef national Maquis chargé de la coordination des F.F.I. des régions R3, R4 (Toulouse), R5 et R6. André Jamme, dit « Castor », du B.C.R.A, était le chef des saboteurs de la R4.

Si vous passez à Vabre, vous pourrez la voir à cet endroit.