Guy & Odile de Rouville

Vabre, 2016, photo © Michael Daks

Michael Daks a initié une série sur les centenaires. Guy de Rouville / Pol Roux a alors 101 ans, son épouse Odile 98 ans. Photographiés ici sur leur terrasse à Vabre en juillet 2016. Celle-là même que les allemands recherchaient (sans succès) comme repère du chef des terroristes, et par laquelle est arrivé incognito (avant d’être reconnu par sa cousine et son époux, au mariage duquel il avait été témoin) en 1944, le DMR de la Région 4, Bernard Schlumberger.

6 mois plus tard, ils étaient décédés, tous les deux, à 15 jours d’intervalles…

Sur le mur d’enceinte…

… de l’ancien hôtel Biau à Vabre, il y a cette plaque

Plaque à l’Hôtel Biau, inaugurée le 7 juin 1999

qui dit :

« L’hôtel Biau a accueilli dès le 6 juin 1944 au mépris du danger, le bureau de recrutement du Maquis de Vabre jusqu’à fin juillet et a logé plusieurs des chefs de la Résistance dont : le Général Revers/Thénard, Rebattet/Cheval, Jamme/Castor venus rencontrer le D.M.R. Schlumberger/Droite à son P.C. de Bourion. »

Le général Revers, dit « Thénard », était le chef national de l’O.R.A. Georges Louis Rebattet, dit « Cheval », était à cette époque chef national Maquis chargé de la coordination des F.F.I. des régions R3, R4 (Toulouse), R5 et R6. André Jamme, dit « Castor », du B.C.R.A, était le chef des saboteurs de la R4.

Si vous passez à Vabre, vous pourrez la voir à cet endroit.

 

 

Robert Esquenazi

Le 6 août 1944, le commando américain OSS PAT (15 hommes) est parachuté sur Virgule, le terrain des Maquis de Vabre. Dans ses rangs, Roberto Esquenazi, cubain, qui se blesse à la réception. Il sera soigné, hébergé, caché par la famille Rouville jusqu’à la libération. Sur cette photo, il est avec Odile de Rouville sur la terrasse de leur maison à Vabre. Rentré chez lui, il publiera « Mémoires d’un étudiant soldat » (hélas en espagnol) à La Havane en 1951. Ce que nous découvrirons des dizaines d’années plus tard, grâce aux contacts par notre site web (mais après son décès en 2004).

Odile de Rouville et Roberto Esquenazi, 1944

Après la guerre, il fut professeur de littérature espagnole et latine : https://nebraskaauthors.org/authors/roberto-esquenazi-mayo

Dans ce grenier…

… du château de Bousquet (Saint-Pierre-de-Trivisy), autrefois compartimenté en chambres, fut caché Robert Esquenazi, membre du commando OSS PAT parachuté sur Virgule le 6 août 1944, et blessé à la réception.

 

Grenier du château de Bousquet, 2018 – photo © Tristan D.

Robert [Esquenazi] est resté dans une chambre du grenier, surveillé par Jérémie le jardinier, jusqu’à la Libération de Castres. On a caché son uniforme, en cas de danger, il prétendait facilement qu’il était un ouvrier espagnol car il était cubain. Je montais tous les jours lui donner des nouvelles de la guerre.

 

Odile de Rouville

Stèle du terrain de parachutage Virgule

Stèle de Virgule – Maquis de Vabre / CFL 10 – Viane
"De la Chouette au Merle blanc, le chargeur n'a que vingt balles"
Le B.C.R.A. a fait parachuter par des aviateurs anglais venus de Blida,
du 25 juin au 8 août 1944, un commando américain de 15 hommes,
le Major Davies, le Commandant Plagne, des radios pour le D.M.R.
des armes et des munitions pour nos maquis.

Ajoutons qu’il y eut aussi dans les containers largués, de l’argent, du chocolat et du tabac. Ce qui était bon pour le moral des maquisards.

Localisation : https://www.openstreetmap.org/?mlat=43.7177&mlon=2.5656#map=14/43.7177/2.5656