Anecdote

Le « piano » était le poste radio émetteur-récepteur dont était équipé le DMR pour communiquer avec Londres. Les « pianistes » étaient les opérateurs radio qui le faisaient fonctionner.

Un jour de 1944, les « pianistes » du DMR de la R4 devaient arriver à Vabre par le petit train, se présenter à la gendarmerie avec une phrase de code pour être ensuite acheminé vers son PC de Bourion, au dessus de Vabre.

Retardés, ils arrivèrent de nuit à Vabre, mais allèrent quand même sonner à la gendarmerie :

  • C’est pour quoi ? demande le gendarme de permanence,
  • Nous venons accorder le piano, disent les « pianistes » en énonçant la phrase de code,
  • Il n’y a pas de piano à la gendarmerie ! réplique le gendarme en refermant la fenêtre de l’étage.

Ils étaient tombés sur LE gendarme qui n’était pas de mèche, et repartirent à Toulouse. Pour revenir quelques jours plus tard, avec un plan d’acheminement qui fonctionna mieux.

Poste émetteur-récepteur valise type MK I.

Le Petit train

En 1943, pour les actualités de l’époque, Albert Mahuzier et Marcel de Hubsch tournent un petit documentaire sur le « Petit train » (ainsi qu’il est appelé sur place), qui va de Castres à Murat-sur-Vèbre, au travers des Monts de Lacaune. Le commentaire bon enfant, qui vante ce petit coin de France, ne dit évidemment rien de son usage pour les résistants, les réfugiés, l’approvisionnement, … et même pour les communications téléphoniques des Maquis de Vabre qui passent par les fils le long de la voie. Car le « Petit train » traversait tout le territoire du CFL 10. Guy de Rouville participa à l’écriture du synopsis de ce film, baptisé « Le Tortillard », probablement plus évocateur.

 

Journal Officiel

L’Amicale des Maquis de Vabre est née en janvier 1945 et c’est paru au Journal Officiel du 17 février de la même année. Plus de 72 ans se sont écoulés, son objet a évolué, mais l’Amicale est toujours là !

Journal Officiel de la République Française, 17 février 1945

De la Chouette au Merle blanc…

… le chargeur n’a que vingt balles.

Cette phrase émise par Radio Londres, souvent citée ou reprise, annonçait les parachutages sur le terrain Virgule, des Maquis de Vabre.

En fait, la 1ère partie, « De la Chouette au Merle blanc« , était une phrase générique qui s’adressait à la Région 4, dont Henri Guillermin, alias le « Merle blanc », était le chef de la Section Atterrissages Parachutages (SAP). Elle a donc été utilisée pour d’autres cibles.

En revanche, la 2ème partie, « Le chargeur n’a que 20 balles« , était destinée aux Maquis de Vabre. Elle a subi quelques variantes à l’usage, telles que :

  • « Le chargeur n’a que 3 fois vingt balles », qui annonçait le passage de 3 avions,
  • « Deux amis vous annonceront ce soir que le chargeur n’a que vingt balles », qui annonçait le parachutage de 2 personnes.

Ce langage codé, qui devait rester secret, finit par être connu par tout le voisinage. Et les maquisards de la 2ème Cie n’étaient plus vraiment seuls les nuits de parachutage.

Jusqu’à l’attaque de l’armée allemande au petit matin du 8 août 1944.

27 octobre 2017

La soirée d’hommage au Maquis Pol Roux, qui s’est tenue le 27 octobre, fut un vrai succès. D’affluence d’abord, la 1ère partie remplissant la salle au delà de sa capacité d’accueil, et la 2ème partie rassemblant 110 personnes autour d’un repas et d’un micro.

Que les participants soient chaudement remerciés, et en particulier les familles de maquisards qui firent le voyage, et prirent la parole. Sans eux, cette soirée n’aurait pas été tout à fait la même. Des rencontres ont pu se faire autour d’un film, d’un verre ou d’une table. Pour les organisateurs, c’est LA récompense.

Nous aurons l’occasion de relater plus longuement cette soirée, dans un futur proche.