Rapport d’activité de la Gendarmerie de Vabre

Rapport d’activité de la Gendarmerie de Vabre (recto d’un rapport – entièrement retranscrit ci-dessous – de 2 pages)

Division Militaire

Gendarmerie Nationale

Légion 17 bis
Compagnie du Tarn
Section de Castres
Brigade de Vabre
n° 9/2

A Vabre, le 23 septembre 1944

RAPPORT
du : M.D.L. Chef LANDES, Hubert, Commandant la Brigade de Vabre
sur : l’activité de la brigade au point de vue de la résistance
Références : message téléphoné du 22-9-1944 à 15h20′

 

 

La brigade a eu une part très active au point de vue résistance.

ACTION PASSIVE. Lors des enquêtes sur les jeunes réfractaires, la brigade n’a fait que des recherches infructueuses, bien que sachant où ils se trouvaient. Les dossiers ont été mis en sommeil, autant qu’il a été possible de les y laisser. La création des maquis dans la région n’a jamais été dénoncée; l’action des membres locaux de la résistance, ainsi que les allées et venues de chefs importants n’ont jamais été dévoilées. L’identification systématique des jeunes a été négative;

ACTION ACTIVE. Dès le début de l’année 1943, le C.B. a recherché parmi les propriétaires de la circonscription des refuges pour les jeunes gens qui ne voulaient pas partir en Allemagne; il a même aidé certains jeunes à partir en Afrique du Nord, (déplacement du Bourg-Madame, Janvier-Février-Mars 1943).

En mars 1943, le premier maquis se forme à Vabre, le C.B. seul est au courant de ce fait; avec des résistants Vabrais il a ravitaillé ce maquis, de nuit, pendant longtemps.

L’intensification des départs en Allemagne en 1943, a amené dans le Vabrais de nombreux jeunes gens qui savaient y trouver aide, bon accueil et sécurité. Nombreux se sont présentés à la brigade pour y chercher un réconfort. Le personnel mis au courant n’a pas hésité de se lancer dans l’aventure, et du bon travail a été fait. Avec tous ces jeunes ainsi casés, on a pu former les maquis de la Libération.

En juin 1944, de nombreux maquis se sont installés dans la région. Tous avaient recours à la brigade et très souvent la liaison entre eux et le P.C. établi à Vabre, était faite par des gendarmes. Un transport important d’armes venant de Castres, a été caché par nos soins. Il est à noter que ce transport avait été attaqué pendant la nuit par la Milice de Castres.

Lors du débarquement, le 6 juin, la caserne de gendarmerie de Vabre est désignée comme point de chute, pour tout le personnel de D.M.R. 4 (région de Toulouse). Pendant plusieurs jours, les gendarmes dirigent sur le  P.C. ou autres services dont ils connaissent l’existence et le refuge, le personnel qui arrive.

Entre temps, le  P.C. départemental du Colonel Durenque s’est installé à St-Pierre de Trivisy. Une liaison constante est établie entre cet organisme et la brigade. Le C.B. a accepté de recevoir à la chambre de sûreté de la caserne les indisciplinés des F.F.I. et les suspects qu’on lui amenait. Les interrogatoires des suspects ont eu lieu dans le bureau de la brigade. Lors des mesures de surveillance pour la protection du  P.C. et du village de Vabre, la plupart des gendarmes ont pris une part active à cette surveillance dirigée par le C.B. La résistance n’a jamais frappé en vain à notre porte, et de jour et de nuit, les gendarmes ont été sur la brèche. Les militaires du Poste ont fait leur devoir pour aider les troupes de la Libération à chasser l’allemand hors de notre pays. Pour ces faits, la reconnaissance des F.F.I. nous étaient acquise, puisque Vabre est une des rares brigades à n’avoir pas été désarmée par cet organisme.

 

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