Intégration des FFI à l’armée

Après la libération du Tarn, des maquisards de Vabre intégrèrent le 3ème devenu rapidement 12ème Dragons de Dunoyer de Segonzac, chef F.F.I. de la zone A du Tarn, pour reprendre la guerre et libérer la France (lire à ce sujet « De Vabre à l’Arc de Triomphe…« ).

L’intégration des F.F.I. dans la 1ère armée du général de Lattre (« l’amalgame ») ne fut pas toujours facile, entre les officiers issus des F.F.I (voir ici) et les officiers militaires réguliers, ces derniers considérant les 1ers comme des « chefs de bande ».

Le premier contact entre de Lattre et les chefs F.F.I. ne fut pas particulièrement heureux. Celui-ci joua un peu au grand patron et les F.F.I. se retirèrent un peu désappointés. Ils considèrent avec justesse que leur contribution à la libération du Sud-Ouest [de la France] a été substantielle et acquise sans assistance d’armées régulières, tandis que les réguliers qui ont eu les oreilles rebattues d’histoires interminables et plutôt exagérées par tel ou tel maquisard, se mettent maintenant à sous-estimer le bon travail que les F.F.I. ont réellement accompli.

 

Major Davies
Traduction OdR


L’impétueux et impatient Capitaine Guy de Rouville (F.F.I.) n’hésitait pas à s’adresser directement au « Chef », plutôt qu’à des subalternes. C’est ainsi qu’il déclencha cette lettre entre deux généraux de l’armée régulière, qui laisse poindre un peu de ces « considérations » :

Lettre du Général Molle au Général Lecoq

BESANÇON, le 28 novembre 44

Mon cher Lecoq,

Je vous renvoie avec « perte et fracas » le capitaine de Rouville du 3e Dragons qui essaie en vain de m’apitoyer sur le sort de son régiment.

Il me demande des transmissions ! alors qu’il est rattaché à un régiment de reconnaissance qui compte 120 et quelques postes radio.

Vous m’avez habitué à plus d’amabilité et de compréhension avec les FFI depuis que nous les utilisons de conserve.

Je vous demande donc de reconsidérer la question et de ne plus engager votre 3ème Dragons sans lui prêter les transmissions nécessaires et l’appui de votre arsenal que, comme chacun sait, vous avez toutes les peines du monde à servir correctement en raison de votre petit effectif.

Croyez mon cher ami à mes sentiments très cordiaux.

Général Molle


Guy de Rouville ne s’était pas adressé au Général Molle par hasard :

En effet, je me souviens que, le 25 septembre 1944 […], je reçus un télégramme me convoquant d’urgence au PC du Général de Lattre à Besançon.

J’apprenais sur place, le lendemain, de la bouche même du Général, que j’étais chargé de superviser, avec un petit état-major à mettre sur pied, toutes les questions d’équipement, d’instruction, d’organisation et d’encadrement de la vague déferlante des unités FFI qui arrivaient chaque jour se mettre aux ordres du général et représentaient, certes, un éventail incroyable de valeurs et de faiblesses.

 

Général Molle
source : Musée de la Résistance en ligne.

 

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