André Jamme (1917-1983)

dit Castor, dit Faucille
Instructeur de sabotage, B.C.R.A.
Compagnon de la Libération
Ouvrier mécanicien spécialisé

Avant 1939 Ouvrier spécialisé aux usines Latécoère.
Formé par la J.O.C. à Toulouse. Devient secrétaire fédéral pour la Haute-Garonne. Influence de Mg Saliège, archevêque de Toulouse et de l’abbé Gèze (futur aumônier des Maquis de Vabre). Les dirigeants de la J.O.C. le mettent en garde à la fois contre le communisme et le nazisme (dès 1935).
Guerre d’Espagne Aide aux réfugiés chrétiens anti-franquistes, basques, prêtres, protestants.
Séjour en Californie pour une démonstration sur les formes hélicoïdales dans les moteurs d’avions.
1939-1940 Mobilisé, son escadre est repliée en Afrique du Nord. Parvient à revenir en France.
1941 Résistance dans le mouvement « Libérer-Fédérer ».
1943 Menacé, gagne Londres via l’ Espagne.
Entre au B.C.R.A., formation de saboteur.
Janvier 1944 Parachuté sur le terrain « Chénier » (Lot).
Sabotages à Toulouse. Pont tournant, 4 locomotives.
Blessé une première fois après avoir abattu 4 agents de la Gestapo.
Rejoint Vabre avec le D.M.R. 4 après avoir transbordé en autobus un groupe de volontaires policiers de Toulouse. Installé à l’Hôtel Biau, y forme l’équipe de sabotage du C.F.L. 10 et son chef d’équipe Marcel Guy. Participe aux actions malgré ses blessures au ventre.
Repart pour Toulouse, blessé à nouveau lors des combats de Libération.
Évacué sanitaire à Londres.
Nommé Compagnon de la Libération.

Voir aussi la biographie d’André Jamme sur le site de l’Ordre de la Libération.

… magnifique exemple de jeunesse française pleine de bravoure et de patriotisme…

 

Extrait de citation

[…] Je me souviens qu’avec une de vos équipes nous avons isolé un train blindé en gare d’Albi. […] vos jeunes avaient une terrible foulée […] ils ne se rendaient pas compte qu’avec mon ventre encore saignant ils m’avaient fait durement serrer les dents pour tenir la cadence […] nous avons employé onze mille livres d’explosifs pour votre secteur […]

 

Lettre d’André Jamme à Pol Roux (1964)

[…] qui sont donc les saboteurs ? Ce sont des spécialistes aux multiples connaissances. Avec un Rilog d’explosifs spéciaux judicieusement utilisés ils remplacent dix bombardiers, donc dix équipages. Les bombardiers […] ne sauraient épargner des pâtés d’immeubles […] des kilos d’explosifs permettent un travail précis, épargnant ainsi la vie de centaines de personnes et par la même, le patrimoine humain de la nation. […]

 

Récit de André Jamme (1980) transmis par son fils Paul en 1999

Poème de Julienne Jamme

Poème de Mme Augustine Julienne JAMME, alias Sultan XII, agent de liaison du D.M.R. 4, transmis à O. et G. de Rouville par J. Picard alias Sultan, D.M.R. 3, avec la note suivante : « A été écrit par la mère d’André Jamme, compagnon de la Libération, alors que son fils venait d’être gravement blessé par une patrouille allemande du centre de Toulouse« .

Poème de Julienne Jamme
O Vous rendez-vous obscurs où parfois mourait une âme
Porteuse de messages mystérieux que je ne connais pas
Oh ! souffrance tragique d’un pauvre cœur de femme qui pleurait tout bas.
Mes souvenirs tracés sur des pages jaunies par le temps et les larmes
A demi-effacés par les lèvres et les pleurs;
Ont vécu tant d’espoir et vibré tant d’alarmes,
D’une vie brisée les rêves et les rancœurs.
De ces humbles feuillets pieusement je vénère,
Les souvenirs défunts d’un tragique passé,
Où flottent encore des images très chères.
Quelles sanglantes passions ont inspiré ces massacres
De ces pauvres malheureux qui gisent dans leur cercueil
Où naissent encore de fugitifs mirages;
Secouant tout à coup les cendres de leur deuil.
Ah ! la plainte éperdue d’un soir de souffrance
De ce passé si cher dont il ne reste plus rien,
Qu’un cœur blessé et un peu d’espérance,
Et l’ombre d’un bonheur de plus en plus lointain.
J’ai sangloté dans une nuit impossible,
Écrasant ma douleur, assise sur un banc
Appelant le miracle et voulant l’impossible,
Arrêter les aiguilles de l’horloge du temps.
Et puis, le jour blafard a chassé la chimère
Le cœur fatigué a songé : « A quoi bon ? »
Puisqu’on ne peut revenir en arrière,
Ni effacer l’empreinte amère du pardon.
Personne ne lira la clameur de détresse
De ce passé héroïque, qui ne veut pas périr;
Et nul ne connaîtra la profonde tristesse
Des derniers instants de ces martyrs.
« Gens de la lune », papiers et souvenirs sont à leur place
Dans un tiroir ou une boîte bleue.
Et puis, un jour, la mort effacera la trace
Une main inconnue les jettera au feu.
La vie reprendra gaiement, indifférente;
Mais pour d’autres cœurs brisés sonneront d’autres glas,
D’autres officiers de liaison porteront au sein d’une tourmente
Des messages que l’on porte mais qu’on ne connaît pas.

Julienne JAMME
Sultan 12 S.A.P.R. 4

L’extrait de généalogie ci-dessous a été donné à l’Amicale par Paul Jamme, fils d’André Jamme, après la mort de son père. Odile de Rouville y a ajouté quelques détails provenant des Archives Nationales.

Généalogie Jamme
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