Gilbert Bloch (1920-1944)

Texte de Gilbert BLOCH

Texte écrit par Gilbert BLOCH
(lu par Pol Roux)

Gilbert BLOCH restera pour nous tous, des maquis de Vabre, un exemple.

Fauché à 24 ans, il avait trouvé le temps d’être jeune Polytechnicien et de se consacrer au mouvement des Éclaireurs Israélites. Il avait donné à ce mouvement, toute son énergie, toute son intelligence et toute son âme.

Gilbert BLOCH, dans sa courte vie est resté toujours très français et très juif.

Il avait l’habitude, le soir avant de se coucher, d’écrire quelques pensées qui sont à relire et c’est pourquoi, pour terminer cette cérémonie dans cette simplicité, je voudrais vous lire ce que l’on a retrouvé parmi ses pensées, écrites, comme par hasard exactement un an, le 8 août 1943, avant sa mort, dans cette montagne de Lacaune :

Que notre franchise de garçon devienne loyauté d’homme
Que notre gaieté de garçon devienne joie d’homme
Que notre pureté de garçon devienne noblesse d’homme
Nous étions généreux, il faut apprendre à nous donner
Notre âme s’ouvrait à la la fin, il faut qu’elle s’engage
Évite-nous, Seigneur, de devenir secs, parce que nous devenons durs
Garde à notre cœur sa fraîcheur, que le soleil qui se lève et le chant des oiseaux restent toujours pour nous, une source de joie

Gilbert BLOCH

Gilbert Bloch, alias Patrick, né en 1920, était le fils unique d’une mère veuve. De la même promotion Polytechnique 1939 que Serge Asher/Ravanel et inscrit sur la même « liste B » qui lui interdisait les emplois publics (lois anti-juives de 1940), il est devenu l’adjoint du commissaire national E.I.F. Robert Gamzon et était, avant de monter au maquis de Vabre, un des responsables du camp agricole de Lautrec (Tarn) toléré par Vichy avec le discret appui de la mairie du lieu et du préfet du Tarn.

D’une piété mystique, il a laissé au C.F.L. 10 le souvenir d’un chef très attentif aux autres, civils, maquisards… et même gendarmes !

Il a été tué lors de l’attaque de Virgule.

La photo ci-dessus est extraite du livret des élèves de l’école Polytechnique morts pour la France.

Le texte (ici copié par Colibri) a été souvent lu lors des réunions commémoratives des Maquis de Vabre.