Le pasteur Cadier (1898-1981)

Photo collection F. Cadier

Le pasteur Jean Cadier, aumônier du maquis puis aumônier de la 1ère Armée, était né à Vabre où son père lui-même était pasteur. C’est donc un « enfant du pays » même s’il n’y a guère séjourné ensuite, et il n’est pas question qu’il s’y cache sous une fausse identité. Il habitera chez les Rouville – parfois avec son épouse Madeleine – et en cas de nécessité peut « riper » dans la maison d’en face, celle de la famille Suc. Son collègue catholique et voisin de chambre, l’abbé Gèze, trouve lui parfois refuge chez le Père Cugnasse, supérieur du proche petit Séminaire de Pratlong.

Professeur à la Faculté de théologie protestante, Jean Cadier avait fui Montpellier où sa tête avait été mise à prix 1.500.000 francs par la Gestapo. Il avait abrité chez lui des persécutés de toute sorte, en lien avec l’Armée du Salut et les dominicains et dominicaines de la ville. Un premier refuge lui avait été trouvé dans une maison de repos pour « malades mentaux », titre utile pour cacher des suspects. Grâce à la présence d’esprit de son fils et de sa femme qui le préviennent d’une raffle en cours, il peut partir pour le Tarn où sa famille le rejoindra plus tard.

Le Pasteur Jean Cadier était cosignataire en 1941 d’un texte de résistance chrétienne au totalitarisme de Vichy appelé « thèses de Pomeyrol » et qui n’est pas sans rappeler la « déclaration théologique de Barmen » (1934) de « l’église confessante » allemande persécutée par Hitler (pasteur Neimöhler).

Ci-dessous : Au verso d’un papier à entête du Syndicat Intercommunal d’électrification que préside Henry de Rouville, le père de Pol Roux, le pasteur Jean Cadier a dactylographié pour la famille qui le reçoit les « thèses de Pomeyrol ». Discrètement plié en quatre et dissimulé dans un livret, ce papier vient d’être retrouvé lors d’un triage de volumes sur le scoutisme, pour être donné au Musée du Protestantisme de Ferrières (Tarn).

Recto : Moitié d’une page à entête du Syndicat Intercommunal d’Électrification

 

Verso : texte du Pasteur Jean Cadier
Publicités