Marcel Guy (1907-?)

L’histoire de Marcel Guy, chef de l’équipe sabotage des Maquis de Vabre. Rapport sur sa camaraderie avec l’aviateur Marcel Doret, interné avec lui.

Marcel Guy, né en 1907 à Murviels les Béziers, appartient par son père à une famille de petits commerçants et par sa mère à une famille de petits agriculteurs.

  • Père socialiste anti-clérical, mère croyante. Famille de 9 enfants, tous baptisés en cachette.
  • Apprentissage de serrurier puis usine Latécoère à Toulouse, ensuite ajusteur chez Renault à Paris.
  • Service militaire en Algérie – paludisme. Retour près de Béziers.
  • Marié, 3 filles
  • Adhère au parti communiste, trésorier de la cellule locale.
  • Travaille à l’usine Fouga, délégué C.G.T.
  • Se sépare de sa femme en 41-42. Sa famille désapprouve ses idées et son divorce.
  • Arrêté à Béziers le 27 Octobre 1942 comme « pilier » de grève et envoyé au camp de St-Sulpice (Tarn) en novembre avec une peine de 9 mois d’internement.
  • Interné comme « gaulliste » dans la baraque 10, avec un diplomate hongrois, deux vieux généraux et l’aviateur Marcel Doret. Tous étaient anciens combattants 14-18.
  • Demande à quitter la baraque 10, gaulliste, pour la baraque 6, communiste.

Il y avait aussi des baraques grillagées à part pour les « droit commun ».

L’aviateur Doret ne semblait pas être au camp depuis longtemps avant lui. Il bénéficiait d’un régime particulier : il couchait et prenait ses repas au camp, mais sortait du camp le matin et l’après-midi. Un garde sortait avec lui mais ne le suivait pas.

Marcel Guy savait que Doret sortait pour « faire ses affaires » mais n’a su qu’après coup qu’il s’agissait du 2ème bureau et des contacts avec Londres. Doret lui avait dit qu’il « ne pouvait pas le prendre avec lui » mais lui a donné des informations : le nom du maquis de Vabre et des montagnes du Tarn.

A noter : un livret illustré a été publié sur le camp de St-Sulpice, mais les Archives du Tarn, consultées, ne retrouvent le nom ni de Marcel Guy ni de Marcel Doret dans leurs listes d’internés. Le mystère demeure donc sur les internés de cette baraque de « gaullistes ».

L’historien J.P. Dispot, qui avait longuement interrogé le chef d’équipe sabotage Marcel Guy dans les années 90, a laissé des notes biographiques complémentaires prises, disait-il « de manière précipitée » et qu’il nous demandait de vérifier si possible. En reprenant les notes de J.P. Dispot, nous y trouvons des détails sur Marcel Guy lors de son internement au camp de St-Sulpice, et sur son amitié avec l’aviateur bien connu Marcel Doret, qui lui donnera des indications pour s’évader vers Vabre où il n’y a pourtant encore (en juillet 1943) qu’un seul maquis d’attente organisé par Guy de Rouville/Pol Roux.

Extrait des 7 pages de notes prises « de manière précipitée » dans les années 90 par l’historien J.P. Dispot qui demandait aux anciens du maquis d’ajouter si nécessaire rectifications et commentaires.

J.P. Dispot est décédé prématurément il y a peu de temps et ni sa famille, ni celle de Marcel Guy, ne possèdent d’autres documents que ceux déjà transmis à l’Amicale du Maquis.

Voir aussi le récit par Marcel Guy de sa montée au maquis.